


Traduit du japonais par Pierre REGNIER
224 pages
ISBN : 2-916537-01-5
Parution : novembre 2007
Madame Hashizume Fumiko, Hashizume Bun
de son nom de plume est née à Hiroshima en 1931.
A quatorze ans, elle se trouvait à moins d’un
kilomètre et demi de l’hypocentre de
l’explosion, le 6 août 1945, à 8h15.
Gravement blessée, elle a survécu miraculeusement
non seulement à ses blessures mais aussi à la
famine et aux maladies qui s’ensuivirent. Durant plusieurs
décennies, comme la plupart des hibakusha (survivants des
bombardements atomique), elle ne parvenait pas à
évoquer le sujet, se refusant à se
remémorer les événements.
Elle est finalement parvenu à décrire dans un
livre l’horreur et les conditions extrêmes de la
survie après le bombardement.
"Avec
l’explosion atomique, j’ai vu le fondement de la
vie. J’ai vécu dans ma propre chair ce
qu’est une explosion atomique. J’ai fait face
à diverses souffrances telles que la guerre, la famine, la
pauvreté, les maladies et la discrimination. Mais,
malgré tout cela, et comme tant d’autres
hibakusha, je pensais emporter avec moi dans ma tombe toute cette
souffrance retenue au fond de mon cœur, qu’il me
semblait impossible de partager avec les autres."
(Le jour où le soleil est tombé…,
éd. du Cénacle de France)
A 76 ans elle engage désormais toute son énergie pour aller témoigner à travers le monde du drame humain qu’elle et les siens ont vécu. Elle a notamment fait de nombreuses conférences en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon. Son seul souhait étant d’aider à prévenir qu’un tel drame ne se reproduise.
Extrait :
"Assise là, je
regardais la ville.
« Mais qu'a-t-il bien pu se passer ?... »
La ville qui était encore là ce matin avait
disparue. Aussi loin que je pouvais voir, tout avait
été rasé.
« Est-ce vraiment la réalité ?
»
J’ai regardé autour de moi ; il y avait,
couchés sur le sol, des êtres humains
transformés en masses noires, des gens
brûlés sur tout le corps aux plaies qui
suintaient, d'autres dont on ne pouvait distinguer s'ils
étaient de face ou de dos ou encore des gens dont on ne
pouvait dire ni l'âge ni le sexe.
Tous, ceux qui erraient et ceux qui étaient
couchés à même le sol, avaient l'air de
revenants. Ils ressemblaient à des tas de haillons, des
paquets de chiffons, silencieux et solitaires.
« Ce ne sont pas des êtres humains. Je suis
forcément en train de faire un cauchemar. »"
(Le jour où le soleil est tombé…,
éd. du Cénacle de France)